“Les acteurs anglais jouent très bien. Mais là où ils sont les meilleurs, c’est entre les répliques.” Un texte de théâtre n’a rien à voir avec la prose de roman. Vif, percutant, c’est un genre particulier. Quelles sont ses caractéristiques ? A la fin de cet article, vous connaîtrez les 4 éléments principaux qui font la magie d’un texte de théâtre.

quelles sont les caractéristiques du texte de théâtre

Pour le lecteur de théâtre, le texte ne ressemble à aucun autre genre de la littérature française. Pourquoi ? Parce qu’il contient des éléments distincts qu’on ne retrouve ni dans le roman, ni dans la poésie.

Découvrez ce qui caractérise un texte de théâtre en 4 points principaux :

  1. les didascalies
  2. la typographie des noms de personnage
  3. les répliques
  4. la double énonciation

Ces termes ne vous sont pas étrangers ? C’est que vous avez fait la moitié du chemin dans votre apprentissage.

Quelles sont les caractéristiques du texte de théâtre ?

1/ LES DIDASCALIES

Le mot didascalie vient du grec didascalia qui signifie “instruction.” Cette étymologie vous servira à mieux comprendre la définition de la didascalie.

Qu’est-ce donc ? Les didascalies sont les éléments en italique juste à côté du nom d’un personnage. On les représente traditionnellement ainsi :

« PROSERPINE (levant les yeux au ciel)

Je ne sais plus qui je suis… »

 

Leur objectif est de donner des informations au comédien pour l’aider à mieux jouer son texte. Ces informations concernent le ton, la prononciation, l’expression du visage, les gestes, les sorties et les entrées sur scène.

Exemples :

PROSERPINE (tout haut)

DIANE (articulant à l’extrême)

ZEUS (l’air renfrogné)

HERA (levant les mains)

PROSERPINE (entre)

Le dramaturge se sert des didascalies pour laisser une note à l’intention de ses acteurs ou du metteur en scène. Il leur indique comment placer la lumière, quand mettre le son, quel accessoire utiliser, où se placer, etc.

Le spectateur voit et entend ces éléments techniques une fois les comédiens sur scène.  Toutefois, seuls eux utilisent le texte pour s’entraîner à jouer.

Attention : tout texte de théâtre ne comporte pas de didascalies ! C’est un élément-clé, mais pas une généralité.

2/ La typographiE DES noms de PERSONNAGES

Le nom des personnages est indiqué au tout début de la page en lettres capitales d’imprimerie.

Vous ne trouverez cela dans aucun autre genre de la littérature française. Le texte de théâtre est le seul à indiquer le nom des personnages en scène. C’est ce qui en fait un texte vivant mais aussi plus complexe à imaginer : il donne une voix aux comédiens sans pour autant décrire avec minutie tous les détails du contexte et des décors, malgré la présence de didascalies. Le visuel n’est pas aussi précis que dans un roman : il est ici beaucoup plus pragmatique.

Exemple des Fourberies de Scapin de Molière :

[…]

SCAPIN, à part.

Elle n’est pas tant sotte, ma foi ! et je la trouve assez passable.

OCTAVE, montrant Scapin.

Voici un homme qui pourroit bien, s’il le vouloit, nous être, dans tous nos besoins, d’un secours merveilleux.

[…]

3/ LES RÉPLIQUES

Les répliques sont le corps du texte de théâtre : c’est le contenu de l’histoire. La taille des répliques varie. Elles peuvent être longues s’il s’agit d’un monologue ou très courtes s’il s’agit d’une stichomythie.

Les répliques (en rouge) sont représentées ainsi :

PROSERPINE (implorante)

Ô Dieu du Soleil ! Entendez ma requête !

Elles sont situées après les didascalies et le nom des personnages.

En voici un exemple plus détaillé :

ACTE I

Scène I

OCTAVE, SILVESTRE

OCTAVE

Ah ! fâcheuses nouvelles pour un cœur amoureux ! Dures extrémités où je me vois réduit ! Tu viens, Silvestre, d’apprendre au port que mon père revient ?

SILVESTRE

Oui.

OCTAVE

Qu’il arrive ce matin même ?

SILVESTRE

Ce matin même.

OCTAVE

Et qu’il revient dans la résolution de me marier ?

4/ LA DOUBLE ÉNONCIATION

Le texte de théâtre ne se lit pas pour lui-même. Les mots s’énoncent pour les comédiens sur scène qui jouent des rôles, mais aussi (et surtout !) pour les spectateurs. Il existe deux niveaux de communication au théâtre. Les personnages parlent entre eux, ils dialoguent et s’écoutent, mais il y a aussi une deuxième instance d’écoute : c’est le public.

On parle deux fois : c’est le principe de la double énonciation. Voici une illustration de ce principe pour définitivement le retenir :

Le Mariage de Figaro, BEAUMARCHAIS

Lecture à partir de 2h30,00 secondes jusqu’à 2h34,00 secondes.


Cet article vous a-t-il aidé ? Avez-vous des questions précises ? Qu’aimeriez-vous savoir sur le théâtre en général ?


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