Nous avons vu comment écrire un dialogue, mais savez-vous comment rendre un dialogue naturel ? Découvrez 4 techniques pour y parvenir.

comment rendre un dialogue naturel

Le dialogue : comment le rendre plus naturel ?

Récemment j’ai répondu à un commentaire sur Youtube où l’auteure exprimait sa frustration : “Les dialogues sont un cauchemar pour moi !!ça n’est jamais assez naturel […]”. C’est une frustration que j’ai moi-même éprouvée à mes débuts et je me suis dit qu’il était nécessaire de vous apprendre comment la faire disparaître. Découvrez quatre techniques pour rendre vos dialogues plus naturels :

  1. la technique du gueuloir
  2. la technique du gueuloir inversé
  3. lire des dialogues et comparer

1/ La technique du gueuloir

La première technique pour rendre des dialogues plus fluides, c’est de se référer à une technique inventée par l’écrivain Gustave Flaubert : le gueuloir. Cette technique consiste à crier son texte pour entendre distinctement les sons et s’assurer que la dynamique est assez fluide.
Gustave Flaubert était un acharné. Pour écrire son roman, Madame Bovary, il veillait à la consonance de chaque phrase. Bien entendu, vous n’êtes pas obligés de crier votre texte, mais vous pouvez le jouer, comme si vous faisiez du théâtre !
Je vous suggère vraiment de vous prendre au jeu et de jouer vos dialogues afin d’entendre ce que vous avez écrit. Vous prendrez plus facilement du recul et saurez si l’on parle vraiment ainsi dans la vrai vie. En faisant cela, cela vous permettra également de trouver de nouvelles idées pour vos dialogues et de le poursuivre lorsque vous ne savez pas quoi écrire.

 

2/ la technique du gueuloir inversé

Cette deuxième technique s’inspire de la première avec cependant une différence : celle de l’ordre dans lequel vous allez jouer vos dialogues.

Je recommande d’utiliser cette technique lorsque vous bloquez pour écrire vos dialogues. Si l’inspiration écrite vous fait défaut, l’inspiration théâtrale peut vous sauver et vous redonner le souffle nécessaire pour écrire !

Imaginez le décor de votre intrigue, mettez-vous dans la peau de votre personnage et réfléchissez. Que dirait-il dans une telle situation ? Avant de faire cet exercice, je vous conseille d’allumer votre caméra d’ordinateur, de téléphone ou d’avoir à portée de main un enregistreur vocal, car croyez-moi, vous risquer de vous surpassez dans le feu de l’action mais d’oublier 5 minutes après tout ce que vous avez dit !

Une fois que vous avez repris du poil de la bête, vous n’avez plus qu’à vous réécouter et écrire votre dialogue. Pour vous mâcher le travail, vous pouvez même utiliser une application en ligne Speech to text qui convertit votre voix en texte mais attention : veillez bien à vous relire quand même car il peut y avoir des fautes de traduction.

3/ lire des dialogues et comparer

La troisième technique consiste à prendre d’un côté votre dialogue, et de l’autre un extrait d’un livre (roman, nouvelle, poésie, etc) où est écrit un dialogue. Si possible, prenez un livre du même genre littéraire que le votre. Relisez votre dialogue. Lisez ensuite celui du livre et comparez les deux formes.

Que voyez-vous ? Quel constat faîtes-vous ?

Tous les contenus à l’intérieur des dialogues sont différents mais des éléments de structure restent similaires. Pour orienter vos pistes de comparaison, voici des exemples de points de réflexion :

1/ Les verbes introducteurs

Y a-t-il des verbes introducteurs dans votre dialogue ? Vous verrez qu’il y en a toujours dans les livres.

Ces verbes introducteurs sont-ils appropriés au contexte ? J’ai commencé un article plus détaillé à ce sujet pour savoir lesquels employer ou pour avoir tout simplement une liste exhaustive de verbes. Par exemple, un homme en train de se cacher d’un éventuel ennemi ne parlera pas à son compagnon de route en lui disant les choses, mais en les murmurant. La différence semble subtile, mais ce sont ces détails qui changent tout ! Le dialogue n’aura jamais la même consistance, alors n’écrivez pas “dit-il” mais “murmura-t-il”.

2/ La longueur des phrases

Les phrases du dialogue sont-elles très longues ? C’est l’erreur courante des jeunes écrivains. Vos dialogues ne ressemblent pas à des dialogues mais à des monologues d’une demie-page. Allégez-les.

Pour savoir quoi supprimer, je vous conseille de lire le dialogue à voix haute. Êtes-vous sûr de ne pas avoir rédigé le dialogue dans un langage écrit plutôt qu’oral ? C’est en général cela qui alourdit inutilement votre dialogue. On fait des tournures de phrases beaucoup trop complexes pour dire quelque chose de très simple.

3/ LA cohérence des réponses

Vos personnages se répondent-ils ? Lorsqu’un auteur sent que son dialogue n’est pas naturel, c’est que, comme dans la vraie vie, une personne parle dans le vide et l’autre ne l’écoute pas. Pour veiller à ce que vos personnages se répondent, vérifiez ceci : lorsque A pose une question à B, est-ce que B répond à la question de A ou enchaîne-t-il sur un sujet complètement différent ?

4/ Les personnages sont-ils en lien ?

Est-ce que vos personnages sont en lien avec le sujet du dialogue ? Des fois dans la vraie vie, on dit à la personne en face de soi : “ce n’est pas le sujet de la discussion”. Il en est de même avec vos personnages. Discutent-ils du même sujet ou parlent-ils chacun dans leur coin ?

4/ Les interjections

En avez-vous utilisé ? Si ce n’est pas le cas, introduisez-en au début de vos répliques, c’est le lieu le plus approprié pour les placer. C’est leur présence qui rend le dialogue plus cohérent et fait office de tableau réel.

Une interjection est un mot invariable destiné à exprimer une réaction vive. Ce sont les : “Ah !”, “Oh !”, “Hein”, “ouf !”. Elles rendent le dialogue plus vivant et donc plus cohérent. Les interjections sont suivies d’un point d’exclamation mais peuvent aussi être suivies de points de suspension. Par exemple : “Ouf…” au lieu de “ouf !” si le soulagement est plus profond et qu’il exprime un soulagement calme.

Vous pouvez d’ailleurs jouer avec les points de suspension pour changer les effets et gagner en profondeur. Je vous mets même au défi d’en inventer de nouvelles si un extrait de votre livre s’y prête !


Quelle technique préférez-vous pour rendre vos dialogues plus naturels ? En quoi cet article vous a aidé ? Avez-vous des questions ou des thèmes que vous voulez que j’aborde ?


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