Ecrire un dialogue de roman ou tout autre genre littéraire (nouvelle, poésie, fable, etc) est à la portée de chaque auteur, amateur ou confirmé, pourvu qu’il en maîtrise les trois règles indispensables.  Dans cet article, vous allez voir comment :

  1. mettre des verbes de parole dans un dialogue et lesquels choisir
  2. écrire le dialogue avec un style oral
  3. respecter les règles de mise en forme du dialogue

comment écrire un dialogue dans un roman

 

Comment écrire un dialogue dans un roman ?

Selon le Larousse, un dialogue est un “ensemble de paroles échangées entre les personnages”. Il s’agit d’un élément du discours direct car les personnages s’expriment directement l’un à l’autre.
Omniprésent dans les romans, il est nécessaire de savoir les écrire pour :

  • donner vie aux personnages
  • faciliter l’imagination du lecteur
  • éviter les lourdeurs du texte, par exemple une description trop longue

Voyons les trois règles pour rédiger un bon dialogue. Attention : l’ensemble de ces règles sont des particularités du discours direct.

1/ Mettre des verbes introducteurs dans le dialogue

THÉORIE

Les verbes introducteurs sont des verbes qui servent à introduire les propos d’un dialogue. On les appelle aussi “verbes de parole”, c’est leur terminologie la plus courante.

Il existe plus de 400 verbes introducteurs. Autrement dit vous avez beaucoup de choix. On retrouve généralement des verbes suscitant l’interrogation (exemple : interroger), l’explication (ex : informer), la détresse (ex : supplier), la joie (ex : s’écrier), etc. Les verbes introducteurs sont divers et variés. On peut tous les classer selon :

  • l’émotion exprimée
  • le ton exprimé

Les 400 verbes introducteurs rentrent toujours dans l’une ou l’autre de ces deux catégories.


PRATIQUE

ce qu’il ne faut pas faire

Mes premiers dialogues étaient dépourvus de verbes introducteurs. En voici un exemple :

“- C’est toi l’esclave…

– Une quoi ?

– Une esclave. Ah ! Une petite rebelle…

– C’est impossible.

– Apprends esclave que tu n’es plus libre. Maintenant, tu es au service de ton maître Marcus. Et si tu refuses…”

Vous avez remarqué ? Le dialogue contient du texte, certes, mais il est énoncé de manière brute, sans précision sur le ton, la gestuelle ou encore la position dans l’espace. Tout comme les didascalies précisent le jeu du comédien au théâtre, les verbes introducteurs précisent le comportement du personnage qui s’exprime. Vous remarquez aussi que le texte sort de nulle part et qu’il n’y a ni introduction ni conclusion sur l’extrait.

Voici donc ce qu’il ne faut pas faire :

  • Ne pas introduire le dialogue par une phrase précisant la situation
  • Omettre de placer de verbes introducteurs entre les répliques
  • Négliger la présence de verbes introducteurs au sein des répliques

 

ce qu’il faut faire

En reprenant cet exemple, voici ce que j’aurais du écrire :

“- C’est toi l’esclave…

Je sursautai à cette expression. Esclave ! On ne m’avait jamais traitée de la sorte.

– Une quoi ?

Ses pupilles ondulèrent comme celles d’un cobra. Il me fit soudain très peur.

– Une esclave, répéta-t-il moqueur. Ah ! Une petite rebelle, on aura tout vu…

Ce mot résonna dans mon esprit d’une façon inconcevable.

– C’est impossible.

Je me sentais mal. Un drôle de liquide âpre remonta à ma gorge.

– Apprends esclave que tu n’es plus libre, dicta-t-il. Maintenant, tu es au service de ton maître Marcus. Et si tu refuses…

Un sourire se dessina sur ses lèvres. Je savais que je venais de perdre ma liberté.”

L’extrait est plus fluide, plus agréable à lire et est beaucoup plus structuré. On sent qu’il ne manque rien pour prendre plaisir à lire.

Voici donc ce qu’il faut faire :

  • Introduire des verbes introducteurs avant les répliques du dialogue dans une phrase énonciatrice
  • Introduire des verbes introducteurs au sein des répliques
  • Ecrire une phrase qui conclut le dialogue après la dernière réplique

 

Où place-t-on les verbes introducteurs dans le dialogue ?
*soit avant le dialogue, avant les deux points

exemple :  Patient, mais inquiet, il dit : « Tu as raison. »

* à l’intérieur du dialogue, au cœur des paroles prononcées

exemple : Je le savais, tonna-t-il. Je te suis !

Le verbe introducteur est inclus dans le dialogue : c’est une proposition incise.

 

2/ Ecrire le dialogue dans un style oral

PRATIQUE

La maîtrise de cette étape vient avec la pratique. Vos premiers dialogues seront sûrement (ou presque) parfaits à vos yeux mais en les relisant vous vous rendrez compte que quelque chose cloche. Le dialogue n’est pas… naturel. Vous finissez par vous rendre compte que personne ne parlerait comme ça dans la vraie vie.
C’est sans doute que vous l’avez écrit sans réfléchir au ton ou à sa fluidité. Pour écrire un bon dialogue, il faut que celui-ci puisse s’énoncer dans la réalité. Autrement dit il faut que le dialogue puisse être parlé. L’écriture du dialogue n’est jamais littéraire mais orale !

Pour écrire oralement, introduisez les éléments suivants :

  • des marques d’hésitations                       (“Heu…”, “Je…”)
  • des répétitions
  • une ou plusieurs phrases incomplètes (“Je vois…”)
  • quelques expressions locales                  (“Tabernacle !”)

 

3/ Respecter les règles de mise en forme du dialogue

THÉORIE

Ce dernier point est trop souvent négligé par les auteurs, à tort. N’oubliez pas qu’un éditeur veille scrupuleusement à la mise en page des ouvrages, alors facilitez-lui le travail dès le départ et vous aurez probablement plus de chance que les autres. Par ailleurs, il s’agit d’une règle de syntaxe de la langue française, faîtes-en donc bon usage.
Voici ce que vous ferez :

  • respecter les règles typographiques de base que sont :
  1. La présence de guillemets au début et à la fin de chaque dialogue
  2. L’introduction des deux points ( : ) avant l’énonciation du dialogue
  3. La mise en place de tirets ( – ) pour signaler le changement de prise de parole

PRATIQUE

Le respect de ces règles est-il obligatoire ? 

Depuis l’émergence des ventes de livres américains sur le marché du livre français, des transformations typographiques sont mises en place. J’ai constaté que la présence des guillemets avant l’énonciation du dialogue tendait à disparaître. Ce n’est pas le cas de la majorité des écrivains car cela concerne surtout la littérature adolescente d’aujourd’hui et certains romans originaux. Je vous invite cependant à les respecter pour vous améliorer.

 


Et vous ? Quelle est la règle la plus difficile à appliquer ? Laquelle de ces trois règles méconnaissiez-vous ? Vous pouvez répondre en commentaire juste en-dessous.

Je vous invite à lire d’autres articles pour plus de conseils et d’informations quant aux ateliers d’écriture, à la littérature et aux conseils pour les écrivains.


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